Le temps d'un tour

Le temps d'un tour

lundi 9 décembre 2013

La traversée du salar de Uyuni jusqu'à San Juan

Bon, quelques infos supplémentaires concernant le plus grand salar que nous avons rencontré: le salar de Uyuni, qui peut quand même se targuer d'être le plus vaste désert de sel au monde. Il s'est formé il y a quelques 10'000 ans, lorsque le lac Minchin, un lac préhistorique géant s'est asséché. Il se situe sur l'altiplano bolivien à une altitude de 3700 m et s'étend sur une superficie de 10'582 km2 (150 km sur 100 km). Pour le traverser à vélo, il est donc recommandé d'emporter une carte et une boussole (ou de se la jouer plus technologique et de posséder un gps... Pour notre part, on se contente des instruments de navigation terrestre simples, ça marche tout aussi bien, si si...). Pour la petite histoire et ne pas mourir bête, il faut savoir que le salar est composé de toute une panoplie de minéraux, à savoir sels de bore, chlorures, carbonates et sulfates de sodium, potassium, magnésium et surtout lithium. Selon des estimations, le salar d'Uyuni contient 5,5 millions de tonnes de lithium exploitables sur les onze millions de tonnes que compte la planète. Est-ce qu'on doit vraiment vous rappeler que le lithium est le composant essentiel de nos batteries électriques et autres outils technologiques dont nous raffolons tous? ... Cet immense désert de sel est donc forcément le centre d'attentions de plusieurs multinationales et du gouvernement bolivien. Bon, on devine assez facilement qui a plus de connaissances quant aux manières d'exploiter du lithium....


Et c'est tout excités que nous profitons de notre passage à Llica, village bordant le salar sur son coté ouest, pour effectuer un grand nombre d'achat de nourriture. En effet, selon les informations que nous avons pu trouver, Llica est le dernier endroit ou nous pouvons encore trouver de tout et surtout des fruits et légumes pour les 12 prochains jours. Nous faisons donc le plein de carrottes (2kg), d'oignons (1kg), de tomates (2kg), tout de même quelques pommes et mangues (2kg) ainsi que des biscuits en tout genre et de l'avoine pour nos précieux petit déjeuner (et oui!). Nous savons que nous pourrons encore trouver des pâtes, du lait en poudre et diverses soupe à San Juan, donc nous décidons d'éviter de ne nous charger de manière inutile pour ces quelques 220 km nous séparant du prochain et dernier village, lieu du vrai départ pour les lagunes qui suivront plus tard. 

On ne risque donc pas de mourir de faim, du moins durant les premiers jours, et c'est excités comme un panier de souris que nous nous engageons dans la traversée du salar de Uyuni.




Le tout est de caser cela dans les sacoches. Cédric prend des photos tellement il est content de voir tant de nourriture.


C'est parti. Selon les indications de nos cartes et de notre boussole, il faut qu'on vise un petit point au loin direction sud-est et on devrait arriver sur l’île Incahuasi.

Ben finalement, on arrivera sur l’Île de Pescadore...

Le vent se lève et nous trouverons refuge sur l’île pour poser notre tente, pensant être quelques kils avant Incahuasi. Ha oui, pour la petite anecdote, à Llica nous avons pris notre temps et sommes parti vers midi, sous les conseils avisés d'un local qui nous a dit que le vent nous pousserait dans le dos dans l'après-midi et que l'on avancerait "muy rapido". En faite, rien du tout, on s'est prit le vent de face pendant presque tout le parcours et ce fichu vent a effectivement tourné, mais en toute fin de journée, lorsque l'on s'est décidé à poser la tente. Superrrrr.

Au réveil sur l’île Pescadore. On aperçoit pas trop loin une autre île et on se dit que ce qu'on distingue, ça doit bel et bien être Incahuasi, que nous devons rejoindre pour nous ravitailler en eau.


La voilà cette fameuse île Incahuasi, avec ses cactus. Finalement on n'était pas si loin, 23 km à vol d'oiseau. La surface de ce salar est bien plus dure que celle du précédent, du coup, on peut aller tout droit par où on veut, pas besoin de suivre absolument un route de 4x4 ou de bus.

Pause de midi au milieu de l'étendue de sel. On doit dire qu'on trouve plus impressionnant de s'arrêter sur le salar que d'y pédaler. Hexagone après hexagone,  le paysage a tendance à s'avérer un poil monotone. 

Alors on prends le temps de s'amuser... et de jouer avec les illusions que procure ce décor.

On vous rassure on a tout de même bien rigolé et avons profité de ne pas avoir besoin de se concentrer sur le pédalage pour des discussions de tout, de rien, de projets et aussi un peu de vous.

ce qui est sûr, c'est qu'on y va...

C'est gentiment la fin du salar... après 130 km. tout droit. Enfin c'est ce qu'on croit, mais on a forcement dû dévier un peu de notre trajectoire.



Ce soir là, lors de notre sortie du désert. Nous rencontrons Mathieu, un autre cyclo voyageant autour du monde. Comme lors de chaque nouvelle rencontre, nous nous demandons ce que cette nouvelle personnalité va nous apporter...

Bein Mathieu nous apportera son porte bagage avant! En effet Aline, se disant que si Cédric passe si vite dans cette descente, c'est que ça passe. Malheureuse, grossière erreur!, Après la série de bosse bien gérée, au fond de la descente, il y a plein de sable et la roue d'Aline ne manque évidemment pas de se planter dedans. Et là, c'est la chute. Ou plutôt un magnifique soleil... L’arrière du vélo se lèvera et finira sur Aline, déjà étalée comme une vieille crêpe au sol! Heureusement, plus de peur que de mal.  Elle s'en sort avec quelques égratignures superficielles (c'est bon Maman, t'affole pas, cette fois y'a pas de sang partout ni d'appareil dentaire à remettre, hum...). La situation aurait pu être beaucoup moins drôle et ce n'est finalement que le porte bagage avant du vélo qui s'est rompu comme une baguette de bois. Mathieu, ayant décidé de s'alléger dernièrement, ne voyage plus qu'avec des sacoches arrières et c'est gracieusement qu'il offre son porte bagage avant à Aline. Merci Mathieu, et on se réjouit de te revoir en Vendée pour te ramener ton tubus avant!

Les derniers efforts avant San Juan, se feront contre un vent à décorner les bœufs.

A San Juan, nous trouverons un hôtel de sel pour la veille de l'anniversaire à Cédric et boirons un peu de rouge pour fêter ça, il vrai, de manière un peu plus calme que les années précédentes.


Voici une manière un peu différente de dormir sur le sel du salar!

dimanche 8 décembre 2013

La magie de la route Sourire


Hola à todos! Après trois semaines de pistes, nous voici de retour à la civilisation, enfin! La route fut riche en paysages, en rencontres de toutes sortes, et en émotions...C''est déjà avec nostalgie qu'on se repasse les photos et qu'on vous a concocté une petite sélection de nos dernières aventures.
En première partie: ce que nous avons nommé la "route Sourire", puisque depuis la frontière entre la Bolivie et le Chili, nous nous dirigeons vers notre premier Salar (désolés pour ceux qui se sont demandés ce que c'était, on n'a pas pris le temps de vous expliquer, un "salar" est une grande étendue de sel, ce qui reste d'un ancien lac salé. Cette étendue peut considérablement varier de taille et son sol peut être très dur, comme assez mou...). Donc nous disions, ah oui, la route tire son nom de son attraction principale, le Salar Surire. Et elle porte bien son nom, on peut vous le dire!
Le long du chemin, nous rencontrons des Vicunas (ou "vigognes" en français, sortes de biches proche du Llama, qui font tous partie de la grande famille des camélidés), des Llamas et Alpacas évidemment, des volcans aux cônes parfaits, des termes à plus de 60 degrés, un français qu'on recroisera plus tard, un polonais complètement foufou, des carabinieros chiliens fort accueillants, des nuits glaciales et si belles, un soleil de plomb, et pas mal de poussière. Quand on y repense, c'est encore les étoiles plein les yeux...





Bon, pour commencer, un peu de zèle... depuis la frontière Tambo Quemado, pour sortir de la Bolivie et accéder au Chili, on n'a pas le droit de transiter de la nourriture qui ressemble à des fruits ou des légumes. Et comme Aline ne peut imaginer passer plus de deux jours sans ces précieuses denrées, on demande au chauffeur du bus (que l'on a pris à La Paz, vous vous souvenez?) de nous laisser au prochain village chilien, espérant pouvoir acheter de quoi se sustenter pendant 6 jours. Manque de bol, le village ressemble à un de ces villages désolés dans les BD de Lucky Luke. Donc il nous faut aller jusqu'à la prochaine ville chilienne, Putre. Même si ça a tendance à descendre, on se prend le vent de face et il nous faut une bonne après-midi pour y arriver. Le lendemain, on se tape la montée, et évidemment, le vent a tourné... on décide de ne pas trop s’attarder sur ce détail, qui pourrait nous irriter, mais plutôt sur le paysage, qui vaut le détour (et là, l'expression prend tout son sens).

Première rencontre avec les vigognes le long de la route entre Putre et Tambo Quemado, à l'aller ou au retour? En arrière plan, le volcan Sajama.

Cédric doit pratiquement se battre pour que ce coquin n'avale pas tout notre pain des prochains jours, pas gêné l'autre!
Les volcans Sajama et Parinacotta à cheval entre la Bolivie et le Chili. On est encore tout proches de la route, mais déjà on sent que la nature va nous envahir.

Le couché de soleil sur les sommets volcaniques annonce une soirée bien froide. On est à 4576 mètres.
 


En légère activité.
Le vent souffle propre en ordre, faut donc se trouver de quoi limiter les ondulations de notre tente.











La route est bonne, on prend le temps pour des photos à deux (ah, vive le nouveau trépied de Cédric).


On transite sur une route parcourue par les camions de l'entreprise Borax, qui exploite une partie du Salar de Surire et s'affaire à extraire du borax, ce minéral blanc qui nous éblouira toute la journée. Bon, on est dans le Parc National de Lauca, mais cette activité est considérée comme normale par ici.
A votre droite le Salar de Surire, à votre gauche, le Salar de Surire.
Souriez les copains, au lieu de nous montrer votre cul!

Sur les bords du Salar, vicunas et flamingos se nourrissent et s'abreuvent.







Il nous faut contourner tout le Salar pour atteindre les termes de Polloquere, que l'on devine difficilement au loin. La piste se détériore, c'est l'occasion de réaliser comment nos vélos évoluent dans le sable.
Enfin les termes, arrivés droit pour le couché du soleil. En chemin on a fait la rencontre de Tommy, le français qui voyage à vélo depuis l'Alaska, et Piotre, le polonais, qui s'est bel et bien arrêté chez les carabinieros au nord du Salar, mais qui n'a pas profité de se charger en eau, on ne sait pas trop pourquoi. Il n'a pas suffisamment de nourriture non-plus, et il nous raconte qu'une fois il a bu l'eau des termes et qu'il s'est vu obligé de poser sa tente après deux heures, pris d'une fatigue soudaine... bref, Piotre il est sympa mais un peu foufou! Il avance très lentement, alors à chaque fois qu'on quittera un lieu, il arrivera, comme par magie! En passant, les carabinieros sont accueillants, parce qu'on est arrivés pour prendre de l'eau à l'heure de leur repas, qu'ils nous ont invités à partager avec eux.


On s'est baignés de nuit, le corps se laissant enfoncer dans la boue, les vapeurs d'eau et de souffre nous faisant tourner la tête, sous un ciel plus étoilé que dans nos rêves les plus fous. Franchement, un moment inoubliable. Le lendemain matin, notre tente et nos bicis sont  recouvertes d'une couche de sel givré, attestant de températures bien en-dessous de zéro.



On quitte les termes assez tard dans la matinée...le temps que tout sèche et d'une trempette des pieds.




Salar, volcans, termes.





On dirait pas, mais ça grimpe et on sent l'altitude.

Les traces ne sont plus très droites...

Les quelques villages le long du chemin sont quasi tous abandonnés.
Une tite baignade dans les termes de...? Oui merci!
On repasse la frontière et hop ne revoilà en Bolivie, direction le Salar de Coipasa. La piste pour y aller est assez pourrie.

L'entrée colorée au Salar de Coipasa.


Premiers coups de pédale sur le sol de sel: pas si facile sur ce Salar, c'est relativement mou par endroits. Donc pour ce premier jour, on restera sur les traces des 4x4, comme de bons suisses.
On n'est qu'au début du Salar, mais l'impression de grandeur est déjà bien présente.
Et le couché du soleil nous laisse rêveurs.

Ça fait bizarre de marcher sur ces hexagones de sel.


Pour quitter le Salar et rejoindre le village de Llica, on se tape une piste archi pourrie, l'occasion de se tester au poussage dans le sable...
 A Llica, petite ville de 1000 habitants située entre deux  salars boliviens au milieu du désert, on se trouve un hostal convenable où on profite de laver nos vélos plein de sel, de faire une lessive des habits importants et surtout, surtout, de faire le plein de nourriture. En effet, on décide de se lancer sur la fameuse "route des lagunes", qui fait trembler plus d'un cyclo. Il nous faut donc préparer de la nourriture pour 12 jours d'autonomie.