Le temps d'un tour

Le temps d'un tour

mercredi 23 octobre 2013

De Huaraz à Huanuco

Hola a todos! 

Voilà pratiquement un mois que nous n'avons rien posté et il est temps de vous vendre un peu de rêve... ou du moins de quoi égailler vos longs weekends automnaux! Non, on rigole, on espère que vous profitez de marcher dans les feuilles mortes orangées, que les soupes à la courge et les marrons chauds vous réchauffent, et que les selles de chevreuils fondent délicatement dans vos bouches. Bref, à chacun son rêve d'exotisme...

Pour notre part, nous vivons toujours le Pérou avec toutes ses beautés, son charme et ses nombreuses incohérences (affaire à suivre). Nous nous approchons gentiment, mais sûrement, de Cusco et de sa fameuse Vallée Sacrée des Incas. On se réjouit !

Pour l’heure, on essaie de vous faire un conte-rendu de ce que nous avons vécu fin septembre, après notre fameuse randonnée suivie d’un arrêt maladie de quelques jours. Plus ou moins rétablis, nous avons (assez difficilement faut le dire) renfourché nos vélos pour rejoindre la ville de Huanuco en traversant d’ouest en est le parc Huascaran. Au menu : la piste des Puya Raimondii (des plantes natives des Andes à la forme plutôt spéciale), un col à traverser d’une durée interminable, des descentes impressionnantes et de riches rencontres. C’est parti.



On s'écarte de la route asphaltée en fin d'après-midi, pour emprunter une charmante et très pittoresque piste. Au loin, les nuages sont bien chargés et ne tardent pas à lancer des éclairs inquiétants. On décide de ne pas tenter le diable et on rebrousse chemin (4km), histoire d'aller s'abriter dans un endroit un peu moins exposé que celui-ci...




On s'était arrêtés auparavant dans ce restaurant pour acheter de l'eau, et lorsqu'ils nous voient revenir pour boire un thé et s'abriter, les gérants nous proposent de poser notre tente dans leur jardin. Comment dire non à tant de sympathie?! On saute sur l'occasion, et on en profite pour manger une bonne truite, fraîchement pêchée dans la pisciculture derrière le jardin. Ou quand la vie nous sourit!

Le lendemain, nous levons l'encre de nuit parce que la journée sera longue: une septantaine de km nous attendent jusqu'à Hullanca, dont 20 km de piste pour atteindre un col à plus de 4800 mètres. Lorsque le soleil se lève, le décor est identique, et le temps est au beau fixe, ouf!




Pause de dix heures bien méritée. On grignote un truc, entourés des fameuses Puya Raimondii. Ces gigantesques et particulières plantes (elles peuvent atteindre une douzaine de mètres) ne poussent que dans les Andes à partir de 3200 mètres et ne fleurissent qu'une fois (environ 20'000 fleurs!), puis meurent, âgées de 70 à 100 ans!


Et on ne parle pas de leur forme...


Moui, ça monte un peu.

Là, on est quasi au col. Mais il est passé midi, et avec la faim et l'altitude, Aline a besoin de MANGER. Cédric aimerait persévérer jusqu'au bout. Aline atteint ses limites, s'arrête et jette ses lunettes d'un geste brusque et non-prémédité au sol. Bon ok, on s'arrête. Mais les lunettes sont foutues, bein bravo...

Ouais ouais, on fait les malins... mais on ne savait pas encore qu'arrivés au col, on y resterait encore bien longtemps, à 4800mètres.

Effectivement, ça descend un peu, puis ça remonte, puis ça redescend, puis ça remonte, mais on est toujours à 4800.

Y'a tellement de minéraux dans le sol, que lorsque l'eau coule des glaciers (en arrière fond ici), elle est rose!


On hallucine complètement en découvrant qu'il y a des gens qui vivent dans ces endroits paumés, où il n'y a vraiment rien, à part eux, leurs minis maisons de pierres et quelques animaux.

Évidemment, le temps se gâte, la grêle s'en mêle et Aline commence à speeder en entendant les éclairs tonner. C'était pas le bon moment, encore moins dans un virage si raide... la chute fait mal, mais rien de grave, juste que "y'en a marre!". Et Cédric se marre (d'où la photo...).

On découvre vraiment les joies du vélo. Il ne fait pas bon être si haut lorsque le ciel se met à gronder et à illuminer les sommets alentours de toutes ses forces. On se sent bien con et bien impuissant au milieu de ces Andes, qui prennent une allure d'un décor digne des séquences les plus sombres du Seigneur des Anneaux. Aline pédale plus vite que jamais...

Et pour faire les choses bien, il neige.


Enfin, on arrive au bout, un personnage inquiétant nous salue et on entame une "pura bajada".



Remis de nos émotions dans un petit hôtel à Hullanca, nous continuons notre route le long d'une rivière où il fait bon vivre. Il faut dire qu'on est descendus à 3500 mètres, et que ça change tout!




Playa-basura! On est quotidiennement effarés par le manque de conscience environnementale des péruviens. Parfois on essaie d'en parler, mais ils ne comprennent pas notre point de vue. C'est la fameuse attitude "je fais comme ça parce que les autres font comme ça".  Faut surtout dire que le gouvernement ne fait pas grand chose pour changer la situation.


Klaxonner est une religion ici. A en croire que c'est celui qui est le plus fervent pratiquant qui sera épargné...



Camping improvisé au-dessus d'une route bien escarpée. Pas toujours facile de trouver un endroit à l'abri des regards, plat, qui ne ressemble pas à une déchetterie, proche d'un point d'eau, et où il n'y a pas trop de chiens (ils adorent aboyer la nuit).


Il suffit de peu pour décorer sa maison par ici.





Après une longue montée, on atteint la Corrona de los Inca, que l'on distingue en arrière fond. On discute un moment avec le tenancier d'un petit magasin où on dégotte trois tomates et un peu de thon pour notre dîner. Il est tout fier de nous montrer sa carte d'identité car il a des origines italiennes. Sa femme nous pose les questions habituelles: où va-t-on, d'où vient-on et ne sommes-nous pas fatigués? Elle n'en revient pas de nos âges et on rigole un coup. On aime bien s'arrêter et papoter, même si c'est pas toujours de grandes discussions philosophiques, on découvre toujours un peu plus comment vivent les gens.


Mais on mange le thon et les tomates sous la pluie...


Petite visite culturelle au Temple Kotosh pré-inca. Il fait une chaleur étouffante et on se fait bouffer par les moustiques!Grrr...


Chez les Villanueva.

Nous avons vécu notre première expérience warmshower à Huanuco (équivalent du coachsurfing pour les cyclo-voyageurs), et on a été reçus comme des rois dans la famille de Midori. Pour rejoindre leur maison, il nous a fallut poursuivre de nuit et à travers le trafic, un moto-taxi dans lequel la maman se trouvait. On se serait cru dans un jeu vidéo! La famille tient une boulangerie, où on a mangé le meilleur pain de tout le Pérou. On n'a pas arrêté de goûter à des plats délicieux et du coup on s'est remplumé comme il faut, merci à la famille Villanueva pour leur agréable hospitalité et leur incroyable générosité!

Depuis Huanuco, qui se trouve bien à l'Est de la Cordillère, et proche de la forêt Amazonienne, nous avons un peu changé nos plans en dernière minute et sommes allés faire un tour dépaysant du côté de Puccalpa et Iquitos. Il vous faudra attendre quelques jours avant cet article, qu'on écrira une fois arrivés à Cusco. On vous embrasse tous très fort!

4 commentaires:

  1. Coucou les amis...
    Vos photos sont vraiment de toute beauté, c'est génial à suivre, ça fait rêver...
    Je vous envoie plein de pensées positives pour les moments plus difficiles. Faites-vous plaisir...

    Chapeau les artistes, vous êtes bien courageux...

    Romain

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  2. Ah contente d'avoir de vos nouvelles!!! je me disais aussi cela fait long. toujours magnifique vos photos.... beaucoup de courage à vous deux afin de poursuivre votre rêve..... gros bisous de la Suisse... sommes fière de vous.
    Famille Messer

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  3. Genial les copains. Je dois pas etre le seul a me dire "ah bon, y pleut autant au pérou?"
    En tous cas votre objectif de nous vendre du reve est atteint. Felicitations et enjoy la suite!
    Becs, Gilles

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  4. Superbes, les Puya Raimondii ! Et de tout coeur avec Aline quand sonne le moment où nous avons faim et mordons celui ou celle qui s'oppose à cet impératif ultra urgent !

    A part ça, toujours super, vos photos ! Sans compter qu'il faut s'arrêter et parfois ruser pour prendre de tels documents VIVANTS.

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