Actuellement à l'extrémité Sud du Laos, c'est depuis une des 4000 îles, flottant sur un Mékong qui prend ses aises, que nous prenons un peu de temps pour vous compter avec plaisir nos aventures dans le nord de la Thaïlande. Héhéhé, on doit dire qu'on a de la peine à se discipliner, ah voyage, quand tu nous enlaces, et que tu nous tiens! Bon, trêve de bavardage, à nos plumes, euh, touches...
Donc, arrivés le 6 mars à Bangkok, nous avons directement embarqué dans un avion pour nous rendre plus au nord, à Chiang Mai, d'où nous avons décidé de débuter nos aventures asiatiques à vélo. Pour effectuer nos premiers coups de pédale en sol asiat, il nous a paru en effet plus raisonnable d'éviter la sortie de la capitale thaïlandaise, et ses autoroutes à multiples pistes... On pense se garder le casse-tête pour la fin. Toujours le meilleur pour la fin!
Pour faire évidemment dans la simplicité, nos premiers jours à Chiang Mai ont été consacrés à tenter de solutionner des problèmes techniques sur le vélo de Cédric, dont le moyeu arrière a commencé à avoir un jeu bien trop anormal pour quitter la civilisation de manière sereine. Malheureusement, et à l'encontre de nos attentes, le passage en Suisse, et la remise en état de nos vélos après les routes d’Amérique du sud n'aura pas donné le résultat escompté. Malgré le sentiment d'avoir "perdu" des jours à passer de magasins de vélo en magasins de vélo, et à essuyer quelques montées de colère à l'encontre de ceux à qui nous faisions confiance... nous prenons le parti d'en rire et finalement, visiter un mag de vélos peut s'avérer tout aussi intéressant que visiter un wat (temple)! Donc évidemment, nous n'allons pas trop nous étendre sur le sujet, hum, même si le cœur y serait, nous allons par courtoisie éviter de faire de la mauvaise pub au magasin de vélo où nous avons laissé nos montures durant 10 jours, lors de notre passage en terre helvète. Les solutions rencontrée à Chiang Mai, ne nous donnant pas satisfaction, nous partirons malgré tout et... advienne que pourra! Ahahah... nous partons boiteux soit, mais heureux et curieux de découvrir un nouveau terrain de jeu, avec des règles nuancées, des pions accueillants et répartis sur un échiquier aux paysages brûlés, mais où règne une atmosphère douce qui confère au tout un cadre somptueux.
Au fil des kilomètres, nous découvrons petit à petit et avec bonheur des gens ouverts et souriants ( avec qui il est difficile de converser, nous le savions... mais lorsque leur anglais ne se résume qu'à hello, on s'essaie aux gestes, c'est assez concluant!), nous observons leurs habitudes et manières de faire, nous nous fondons dans les paysages tantôt verts pomme le long des rizières, tantôt brun-roux dans les montagnes où les forêts brûlent sans arrêt (nous y reviendrons), et évidemment, nous nous faisons happer sans même s'en rendre compte par leur attitude relax et tranquille, le climat aidant...
Un temps d'adaptation sera néanmoins nécessaire, surtout pour éviter de tomber dans le trop facile piège de la comparaison (rho, en Amérique du Sud, c'était pas comme ça...), mais nous prendrons vite un plaisir énorme à découvrir la cuisine locale, la gentillesse des thaïlandais rencontrés sur notre chemin, et simplement, à parcourir un chemin différent. Ici tout nous semble vite plus facile (excellente et relativement saine nourriture un peu partout, de quoi se rafraîchir le gosier assez régulièrement et des guesthouses bon marché par milliers), mis à part la chaleur étouffante, qui est la chose la plus difficile à surmonter. Nous nous adaptons grâce à des départs très matinaux et des pauses à l'ombre en début d'après-midi, stratagèmes qui s'avèrent efficaces mais parfois aléatoires (pourquoi n'y a-t-il pas de petite cabane ou de boui boui pendant plusieurs kil alors que le soleil est au zénith?).
Notre première étape nous mènera non loin de Chiang Mai, à Mae On, au site incroyable du "Crazy Horse Buttress". C'est un site d'escalade, car oui, nous avons pris notre matériel, dans l'idée de faire quelques arrêts grimpette. Cette reprise de l'escalade s'est avérée néanmoins plus difficile que prévu, car la chaleur rend l'activité rude, voire réellement désagréable. Nos pieds gonflent et dans nos minis chaussons, après deux jours, il devient quasiment impossible d'appuyer la pointe du pied... Malgré cela, nous séjournons chez les locaux, et notre hôte Yen et ses parents s'avèrent être des gens avec le cœur sur la main, nous adorons d'emblée!
Puis, notre route nous a mené vers le triangle d'or, frontière entre la Thaïlande, Le Laos et la Birmanie et berceau de la production d'opium. Avant cette destination, nous passons par Chiang Rai, l'ancienne capitale du nord de la Thaïlande. Les temples bouddhistes nous impressionnent, mais nous passons notamment une bonne partie de notre temps à faire la visite de... tous les magasins de vélos. En effet, notre problème s'empire et se situe au niveau du moyeu arrière du vélo de Cédric. On réalise qu' il faudrait changer carrément la jante, le moyeu arrière étant trop spécifique sur nos vélos (les roues à 40 rayons n'existent pas ici!), et donc, impossible de trouver des compatibilités pour éviter de remplacer la jante complète. Mais on ne rencontre que du matos chinois qui ne nous emballe pas vraiment: nous avons l'impression que les jantes qu'on nous propose ne feraient pas long avec le poids de nos vélos, donc nous reportons une fois de plus le changement...
Nous quittons donc Chiang Rai, et optons pour un détour par Mae Salong. Ce petit village de l’extrême nord de la Thaïlande est habité par une population chinoise! Ils auraient quitté leur région du Yunnan dans les années 50, pendant la révolution chinoise, pour s'établir premièrement au Myanmar, d'où ils se sont rapidement fait expulser, au début des années 60. Fuyant sur leurs caravanes de chevaux, ils auraient donc trouvé refuge au Nord de la Thaïlande, où le gouvernement accepta de leur octroyer le statut de réfugié. Afin de subvenir à leurs besoins, et déjà fortement impliqués dans la culture de l'opium, ils continuèrent leurs activités frauduleuses dans cette région. Anciennement, aucune route n'accédait à leur village, et ces habitants se fichaient pas mal de la désapprobation du gouvernement Thaïlandais quant à la production de pavot et sa transformation en opium brut, ou plus récemment en yah bah (métamphétamines). Jusqu'au jour où la pression fut trop forte, notamment lorsque la construction de la route les eut vite désenclavés. Les tapis de champs rougeoyants ont vite fait place à de vertes étendue rectilignes et feuillues. A Mae Salong, comme dans d'autres bled chinois du coin, on fini gentiment par se mettre à cultiver du thé ou du café, sur les vives recommandations du gouvernement thaïlandais. Dans ce petit village, éloigné de tout, nous avons pu goûter à une petite atmosphère de chine sans y mettre réellement les pieds. Tout est écrit en chinois, la langue parlée est le chinois et la cuisine est chinoise. Pour y accéder, par contre, il faut le mériter!
Une fois cette petite escapade réalisée, nous sommes repartis dans la direction initiale pour nous diriger vers Chiang Kong et la frontière avec le Laos. Allez allez, c'est parti pour les photos.
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| A la découverte des temples de Chiang Mai |
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| On aime bien flâner aux abords des temples et méditer sur les préceptes bouddhistes tel que celui-ci. |
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| Après 40 kms de routes jusqu'à Mae On, nous décidons de retourner une journée en bus à Chiang Mai pour tenter de régler le problème du jeu dans la roue arrière deCédric. Bien essayé, mais pas très concluant. Nos vélos sont malheureusement un peu trop spécifiques et même si les pièces de la marque Shimano sont produites en Malaisie, on ne trouve pas tous les articles de cette marque, même dans le pays limitrophe. |
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| Pourtant, les vélos, en Asie, c'est bien connu, ça a la cotte! |
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| Cours de cuisine improvisé pour Aline chez Yen, succulent! |
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| Thaï / T'as le style! |
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| Soleil couchant sur les collines environnantes. Les shédis se découpent à l'horizon, dans une espèce de brume étrange et une atmosphère envoûtante. |
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| Départ de bon matin à 6h30 pour éviter la chaleur. |
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| Bien vite, nous découvrons également des paysages secs, brûlés, où tout semble mort. C'est la saison sèche et le moment pour les agriculteurs de brûler les champs ou d'agrandir leur potentiel cultivable. Alors on crame tout, même la forêt primaire. En se renseignant un peu, on réalise bien vite que la Thaïlande souffre d'un manque alarmant de législation concernant l'utilisation des ressources naturelles. Tout a commencé avec l'exploitation du teak (ce bois dont nous raffolons, non seulement beau, mais qui ne peut pas pourrir) par les Anglais au 19ème. Même si la Thaïlande tente de réguler la chose à la fin du 19ème en faisant payer pour abattre du bois, puis en créant des parcs et des réserves dans les années 60, le pourcentage de forêt vierge perdu chaque année n'a de cesse d'augmenter (les chiffres varient pas mal...). De plus, en réalisant leur potentiel sur le marché des denrées alimentaires, les petits paysans déforestent pour planter un peu de tout ou exporter du bois de manière illégale.Aujourd'hui, une loi interdit le commerce de l'abattage illégal mais tout cela semble bien flou. Il existe des villages spéciaux qui accueillent les paysans, créés par le gouvernement, où un système d'abattage - replantage est géré. Mais par beaucoup d'endroits où nous passons, les forêts sont décharnées, le sol est noir et dégradé, le feu crépite et la fumée nous étouffe! |


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| Les repos de début d'après midi, lorsque la chaleur est étouffante. Tout abri est bon à prendre et comme on se lève tôt, on fait la sieste. |
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| Chiang Rai... |
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| ses temples... |
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| son wat blanc (ici Cédric sur le chemin de la tentation...ouhouh!), |
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| et notre vœu... |
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| suspendu à l'arbre aux prières. |
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| Sur la route de Mae Salong, le fameux village chinois, ça monte tellement raide qu'on doit zigzaguer. On se souvient de montées raides en Amérique du sud, mais des comme ça c'était du jamais vu! Ils sont fous ces Thaï, y'a une colline, bein ils font une route qui monte beau droit au sommet! On aura donc une peine folle, dans la fournaise de l'après-midi, à atteindre ce bled haut perché au cœur des collines du Nord. |
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| Ballade à pied dans les alentours de Mae Salong. |
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| Les fameuses plantations de thé. |
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| Même sous un soleil de plomb, ça bosse. |
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| L'industrie locale du thé chinois en Thaïlande. |
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| Couché de soleil sur les collines du village chinois. |
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| L'aurore à vélo, c'est ce que nous préférons. Ici, le ciel se pare d'un rose particulièrement doux, et gentiment, les rayons du soleil effleurent les feuilles de thé, pendant que les oiseaux semblent nous fredonner des comptines tellement c'est beau. Tout est encore paisible, le monde se réveille. |
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| Devant chaque habitation, le thé sèche au soleil. |
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| Pause café dans une vallée du Triangle d'Or. |
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| Nous voici à Chiang Sen, au bord du célèbre Mékong! On se réjouissait de voir ce fleuve dont la longueur dépasse quand même 4000 km, et dont la moitié coule en Chine. Ici, au Triangle d'Or, il a passé en Chine et en Birmanie et sert de frontière entre le Laos et la Thaïlande. Là, vous ne le voyez pas, mais ces stands se parquent en fin de journée le long du fleuve et les touristes, comme de nombreux locaux, vont déguster des spécialités de poissons grillés assis à même le sol, sur des nattes de couleur. C'est vraiment dingue, wouah ouh super! |
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| Ce qu'on aime aussi lorsqu'on voyage à vélo, c'est les arrêts! Parfois l'arrêt est prémédité, (on a soif ou on a besoin d'une pause), parfois l'arrêt est obligatoire ( un des deux n'en peut plus, ou il faut régler un truc sur le vélo, ou le trafic nous arrête), parfois quelque chose retient notre attention (ici, un magnifique temple le long de la route), et parfois, l'arrêt ne s'explique pas, on s'arrête, on regarde, on discute, et on repart! |
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| La culture de la culture sur brûlis, c'est toute une culture. |
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| Les moines bouddhistes se reconnaissent très facilement à leur habit orangé. Apparemment, il est très courant, et bien vu, pour un homme, de se rendre deux ou trois semaines dans un temple afin de vivre parmi les moines. Et les moines sont partout: autour des temples, le long de la route, dans les bus, au resto... |
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| Voici la photo de tout touriste qui se respecte: le Triangle d'Or! Ça vaut le détour, non?! A gauche le Myanmar, à droite la côte laotienne, et devant, la Thaïlande. Nous avons passé par là pour aller visiter la très interactive et moderne "House of Opium", qui explique comment et pourquoi les Chinois sont devenus accros à la drogue du pavot, comment les anglais s'en sont mis plein les poches et sont par la même occasion, devenus les rois du... thé! Bref, on recommande vivement (plus que la photo du Triangle d'Or ahah). |
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| Temple hopping. |
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| Et le plus drôle pour la fin; afin d'atteindre le Laos, il faut traverser le Mékong. On a essayé le ferry pour passager, mais on s'est fait jeter. On a réalisé qu'à 10 km, il y avait un nouveau pont. Ok, bein allons-y. Seulement, impossible de rentrer au Laos par cette frontière par ses propres moyens. Donc il y a beau avoir un magnifique pont avec deux grandes voies, elles sont réservées aux bus. On s'est donc retrouvés obligés de payer pour mettre nos vélos à l'arrière d'un bus (les soutes étant inadaptées!). On a un peu ri jaune sur le moment (surtout que ça nous a pris plus de deux heures), et les jaunes ont ri aussi. |
Trop bien ! Merci des nouvelles ! Belle suite d'aventure à vous et plein d'amour :-)
RépondreSupprimerLootch
Toujours aussi magnifiques vos photos et vos commentaires !!!! très bonne continuation à vous deux...... bisous fam.Messer
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