¡Hola chicos!
Il est temps de vous conter la suite de nos aventures en Pata, qui, on peut d'ores et déjà vous le dire, furent empruntes de beauté certes, mais également de nombreux "coups durs". Dans tous les cas, on a vécu des moments intenses et c'est l'occasion une fois de plus de se rappeler que "ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort".
Mais tout d'abord, quelques précisions s'imposent quant à ce que c'est vraiment cette "Carretera Australe". Donc, le projet de cette piste a débuté en 1976, sous l'ère du General Pinochet ( le dictateur, vous savez), dans le but de rendre les régions les plus reculées du Chili accessibles. En gros, de sortir les gens de ce trou du cul du monde. Plus de 10'000 soldats ont participé à cet ouvrage, qui fut d'ailleurs le plus coûteux du Chili au XXème siècle. Vu la configuration du terrain (y'a des montées raides, t'as jamais vu ça), on peut imaginer que c'était pas de la tarte (d'ailleurs, tout le long, on rencontre des monuments commémoratifs). C'est donc 1240 km de "ripio" (=piste). A savoir que le dernier bout, pour rallier Villa O'Higgins, a été achevé en l'an 2000.
Et nous, nous rejoignons la carretera à la hauteur du petit bled chilien et touristique de Futalefù le 25 décembre, afin d'y effectuer environ 1000 km. C'est toujours Noël, et à part le paquet de pâtes -salvateur- accompagné de sa sauce tomate, et de quelques précieux biscuits, que l'on avait achetés le jour d'avant "au cas où" tout serait fermé, il n'y rien eu d'autre à se mettre sous la dent. Première leçon: tu te pleins de manger des choses beaucoup trop bonnes à te faire péter le bide à Noël, bein tu vas manger simplement. Et encore, on peut pas se pleindre, y'en a qui ont moins que ça dans leur assiette tous les jours.
Et là, c'est un peu le début d'une de ces - certainement inévitables- phases de "down", comme on aime bien les appeler. Elle commence avec la nostalgie de vivre ce passage des fêtes loin de ceux qu'on aime, les deux sous la pluie dans un camping perdu en Pata (en train de manger des pastas). Elle va continuer et s'amplifier avec un élément météo absolument inévitable ici, la pluie. La pluie, et le froid. Ils aiment beaucoup arriver inopinément, mais en même temps. Donc on se retrouve pendant plusieurs heures à pédaler comme des cons sous une bonne roille, complètement détrempés, les doigts et les pieds gelés, et plus qu'une idée en tête, s'arrêter au prochain bistrot pour se réchauffer autour d'un bon chocolat chaud. Oui, mais on n'est pas en suisse, ici les distances c'est pas du pipi de chat. Donc tu continues à pédaler, comme un con. Deuxième leçon: tu veux partir découvrir le monde jusqu'au "bout du monde", bein t'assumes tes choix.
Deuxième leçon pas entièrement assumée pour Aline, car quand l'état de la route se dégradera sérieusement (des gros cailloux sur toute la route pendant des kils et des kils pour cause de travaux), les éléments météo toujours de la partie et s'en donnant à coeur joie, la jeune femme aura atteint ses limites. Après avoir sauvagement lancé Youpi (son vélo), et lui avoir crié dessus plusieurs fois à s'égosiller, elle a tendu le pouce, et un pick-up s'est miraculeusement arrêté. Dix minutes plus tard, les vélos et saccoches à l'arrière, nous sommes confortablement installés, bien au chaud sur des sièges en cuir, en train de regarder le paysage gris défiler sous nos yeux. Ce jour-là on fera la connaissance d'Emilio, un chic type, entrepreneur à Santiago, mais qui voyage seul pendant les fêtes car en phase de séparation avec sa femme. Bref, on vous passe les détails, mais on croit qu'il était aussi content qu'on lui tienne compagnie toute une journée dans son pick-up de riche à écouter Le Lac des Cygnes ou le Best Of des 80s et regarder le ciel pisser (on passe un bled où on avait un contact pour dormir, mais comme on ne voit pas à 3 mètres, et qu'on apprend qu'ici, à Puyuhuapi, il pleut 5000mm/an, on passe notre tour, mouahaha!!!!). Troisième leçon: faut accepter ses propres limites, et aussi, apprendre à les anticiper. On y travaille.
La suite, c'est du vent (mieux que la pluie mais faut s'accrocher), du soleil, de la pluie et du froid. Evidemment, une bonne crève par-ci par-là, mais on continue, on va la finir, cette Carretera. On s'offre un dernier petit défi, faut achever les 100 derniers kils en un jour, si on veut pouvoir prendre le ferry qu'on a réservé afin de sortir de cette impasse (car au bout, bein à part le mini et surfait bled de Villa O'Higgins, y'a que dalle). Défi relevé, et heureusement, car le prochain ferry, qui devait partir deux jours plus tard, n'est pas parti, pour cause de mauvais temps... ahhh, la Pata! Quatrième leçon: va au bout de tes rêves, tu verras, c'est bien là-bas.
Alors tout ça en images:
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| Joyeux Noël, allez souriez les Charrière non de dieu! |
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| Maintenant au moins on peut voir les rayons... |
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| Non, c'est pas le pick-up d'Emilio. Mais c'est pas rare de voir les gens conduire avec le pare-brise dans cet état. |
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| Rasch du Tütsh? |
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| On a beau appeler le Chili le "jaguar" de l'Amérique du Sud, possédant un des meilleurs PIB du continent, une économie libérale plus que prolifique (par exemple le Chili a devancé la Norvège en terme d'exportation du saumon!), un taux d'espérance de vie de 77 ans, un bon système de santé et se targuant d'être un des pays les plus démocratiques de l'Amérique du Sud, la répartition des richesses ne semble pas vraiment équitable. D'ailleurs c'était le problème que Michelle Bachelet, récemment réélue à la présidence pour quatre ans, a promis de "régler". A ver... |
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| Apparement cet endroit est magnifique, avec des énormes cascades partout dans la forêt et des lagunes super bleues en amont... |
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| La voilà la fameuse route de l'égosillement. Hihi, juste avant de péter un câble. |
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| Vous savez. |
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| La pluvieuse bourgade de Puyuhuapi. |
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| Gracias Emilio! |
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| Le landemain, c'est reparti. Ça semble s'être un peu calmé. |
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| Ça ne va pas durer longtemps. Allez, c'est pas trop grave, on garde la motiv' car on sait que ce soir on peut se sécher et être au chaud dans une hospedaje. |
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| Youpiii! Celles-là on les a vues! |
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| Ce chien n'est pas juste un chien. Il s'apelle Foufi et il a décidé de partir à l'aventure avec nous pendant deux jours. On a beau eu essayer de le semer à la descente, il était toujours là... |
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| Super, un nouvel an pas comme les autres, la tente au sec dans un cabanon au milieu de la forêt. |
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| On a mis nos plus beaux habits pour les faire sécher au feu! |
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| Et le landemain, Foufi suit toujours... ( ok, on l'a un peu nourri hier soir, mais sinon il mange des vieilles carcasses de lapins au bord de la route) |
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| Mais après 110 km répartis sur deux jours, il commence à fatiguer le pauvre loulou, il a même les coussinets en sang à force de courrir sur le béton. |
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| Le Cerro Castillo nous fait du charme. |
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| On aperçoit le Lago General Carrera (ou aussi appelé du côté argentin Lago Buenos Aires), le deuxième plus grand lac du continent sud-américain. |
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| Et on s'inquiète toujours pour Foufi. Alors qu'il ingurgite son deuxième lapin mort, Aline demande à un type d'une ferme, qui a déjà deux chiens, s'il veut bien garder Foufi, qui est un peu foufou, mais très très aimable. On est hyper contents quand le type répond que oui, il va le prendre. Ciao Foufi, bon vent! |
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| La traversée du lac General Carrera jusqu'à Chile Chico. C'est beau, et il fait beau! |
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| Tout le long de la Carretera, on rencontre des stèles, où les gens ont déposé des bouteilles d'eau, offrandes à la vierge dans le but d'être protégés, comme il se doit en cas d'accident. |
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| Le long du lac, c'est magnifique, mais ça foufle. |
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| La Pata, c'est un immense combo, montagnes, îles, plage, forêts, tout en un, et en grand. |
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| Ce paneau a sa raison d'être. |
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| Mac Giver est de retour. Ici, c'est pour réparer une béquille à l'aide d'un cailloux et d'un collier métallique. |
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| L'espace d'un instant, en voyant le troupeau de vaches arriver, on se serait crus en Suisse (sans les chiens de berger et les hommes à cheval). |
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| Qui dit pays developpé dit évolution. De vrais verres avec du bon vin, c'est quand même mieux (bon, ils n'ont pas fait long...). |
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| L'entreprise Hydroaisen projette de construire cinq mega centrales hydro-électriques en Patagonie, et de nombreuses personnes s'y opposent, pour des raisons de défiguration du paysage. Pour plus d'infos, http://www.patagoniasinrepresas.com. |
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| Cette saloperie a essayé de nous attaquer, alors qu'on faisait la rencontre d'un brésilien, qui lui, parcourt la Carretera Australe à pied, avec son chariot, en 80 jours! |
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| La camping sous la pluie c'est pas top. Mais on sait profiter des accalmies. |
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| On essaie de rester motivés. |
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| Séchage de tout le bordel auprès du poële. |
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| A l'époque, les colons ont créé tout un système de passerelles en bois pour construire le village de Caleta Tortel entre eau et terre. Ce village était bien situé pour faire transiter du bois notamment sur le Rio Baker, Sauf qu'avec les trois mètres d'eau qui tombent par an, y'a moyen de s'embêter à remplacer des tronçons bien souvent. |
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| Les habitants du village de Tortel n'aiment pas quand il fait beau!!! Pourquoi? Parce que lorsque le soleil brille, leurs mini centrales hydro-électriques ne fonctionnent pas. Donc qui dit soleil, dit pas d'électricité. |
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| La fatigue se fait sentir, et à l'idée d'effectuer le défi des 100 kils le landemain, Aline manque de s'écrouler. |
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| Condors n'annonçant rien de bon! |
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| Plus que 15 kils jusqu'à Villa O'Higgins. C'est les plus chiants. |
WAOUH WAOUH de plus en plus magnifique vos photos !!! changement de décors....fabuleux !!! quels mérites vous avez afin d'atteindre votre but....belles leçons de vie. GROS BECS A VOUS DEUX et très bonne continuation..... pensons bien à vous. Famille Messer.
RépondreSupprimerJe vote pour Foufi. mais pas pour le bouc !
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